|
.................................ROY FORGET Roy Forget a vécu dans différentes villes de la planète : en particulier, Hong-Kong, Los Angeles, New-York et Paris. Il est diplômé dIndiana University à Bloomington (MFA peinture, en 1996). Il a exposé à The Painting Center, à New-York. Actuellement, sa vie se partage entre Paris et les États-Unis. Les toiles présentées ici ont été exécutées en 2010 et 2011. Les compositions de Roy Forget sont essentiellement « intrigantes ». Certes, il en émane un sentiment détrangeté et dénigme, mais elles nen développent pas moins des « intrigues », qui, la plupart du temps, nous échappent. Létrangeté de ces tableaux naît de raisons multiples. A première vue, il sagit presque toujours de scènes urbaines : on reconnaît souvent une ville parisienne, mais on est quelquefois transporté bien ailleurs, Orient hypothétique ou architecture abstraite qui suffit à ruiner toute idée de « réalisme ». La profusion des figures, humaines ou animales, se fait selon une juxtaposition qui les rend volontiers étrangères les unes aux autres, étrangères aux lieux même quelles traversent sans les habiter. Une langue incompréhensible, qui saffiche comme un « non-titre » au travers de la toile, achève de nous dérouter. Les personnages de Roy Forget ont quelque chose dexpatrié : ainsi les femmes musulmanes dAr enmara, la Tahitienne de Na nen? wanazh, le jeune homme à moitié nu de Kent zangar arnawan. Mais ces figures ne sont pas toujours explicitement celles de létranger. Bien souvent, leur étrangeté vient dailleurs. Porteur de planche (pour quel chemin de croix ?), guitaristes improbables (pour quelle sérénade ?), vieillarde accompagnée dun éléphant (pour quel cimetière ?), ou femme à trois pieds dans la casbah de Tanger : du décor faussement familier surgissent maintes créatures fantastiques, chat éclopé, homme-renard, cheval bleu ou vautour funeste. Les intrigues de Roy Forget sont des intrications de symboles obscurs, de mythologies décomposées, de visions effarées de violence et de désir. Mais le mystère de cette peinture tient surtout au traitement de la lumière, toujours plus crue et plus écrasante au fil des tableaux. La palette, dabord riche en bruns, évolue vers le bleu pâle, le pastel, le mauve. Les contrastes sassourdissent. Une chape de couleur, même joyeuse et vive, pèse comme un couvercle. En dépit de leur allure théâtrale ou onirique, les uvres de Roy Forget sont surtout des états des lieux, des états du monde. Un sentiment de panique ou de catastrophe les imprègne. Et si ces rues sont hérissées de sens interdits, de panneaux de signalisation, de graffiti et dimageries superposées, nest-ce pas pour en manifester mieux leur vérité labyrinthique et leur histoire insaisissable ? Frédéric Werst |
|||||
| Ward : 1e - 2e siècle. Werst a créé une langue imaginaire, riche LChers amis, Je suis heureux de vous inviter à mon exposition Roy Forget : Ward, qui se tiendra du 3 au 30 octobre 2011 au Duplex Bar d'Art, 25, rue Michel le Comte, Paris 3e. Le vernissage aura lieu le lundi 3 octobre, de 19h à 20 h 30. L'exposition comprend une sélection de toiles peintes ces deux dernières années à Paris. Cette série de tableaux est centrée autour d'une langue -- la langue des Wards, un peuple fictif inventé par l'écrivain Frédéric Werst dans son roman Ward : 1e - 2e siècle. Werst a créé une langue imaginaire, riche en poésie, mais aussi en nostalgie. Au commencement de chaque tableau, il y a une phrase en wardwesân, calligraphiée sur la toile par Werst, et autour de laquelle je compose une image en rapport avec l'idée exprimée par ces mots étrangers. Mais ces tableaux ne sont pas des illustrations du monde des Wards, ils sont très différents du travail de l'écrivain. Il s'agit plutôt d'un amalgame entre mes rêves, mes souvenirs de voyages, mes réflexions sur les événements de notre monde actuel. Chaque toile est une interprétation personnelle de la phrase de départ. Je trouve dans la langue wardwesân une grande liberté, car étant immigré déjà à plusieurs reprises, venu de l'Asie jusqu'en Amérique, puis en Europe, elle me donne un terrain d'association sans contraintes, où je suis libre de naviguer et d'explorer un espace imaginaire : notre monde partagé. |
|||||