Arnaud Franc
septembre 2003
l' exposition

Le sujet, le modèle

Je travaille et m’exprime à partir de modèles.
Mon dessin se souvient encore du premier modèle qui posa pour moi, et la confusion vécue d’une telle rencontre. Scène quasi surréaliste! Très vite apprivoisé par le sujet, le plaisir me vint dans la surprise de saisir dans la variété des formes toute l’audace de la nature. Je voyais tant de mines, tant de modèles qui voulaient bien se donner sur le papier, avec à chaque fois leur parcours de vie et d’expériences incarnées.
Tour à tour, ils pouvaient choisir des combinaisons de nouvelles formes, se composer d’intentions diverses. Ils m’échappaient de moins en moins et révélaient ce que mes mains et mes yeux voulaient bien transmettre.
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Dans cette étroite relation où le temps s’oublie, où l’intuition guide mes membres et mes nerfs tendus à l’extrême, je m’introduis dans une intimité et je reçois le don du modèle. Au cœur même de ce moment d’humanité, je retrouve le visage où mes yeux se chargent d’émotions”.


Pour Arnaud Franc, le papier se fait peau lisse et souple où viennent se coucher les interprétations que divulguent les sens. A chaque fois, ces traces révèlent un rendez-vous avec intime. Elles profitent du contact et de la résistance que le support offre au fusain, au pastel ou au crayon. Parfois, il arrive qu’un besoin couvrant émerge. Des tâches naissent alors, abandonnées en jus d’encre de chine, de brou de noix, de gouache ou d’acrylique. L’artiste aime aussi, du linoléum ou du bois, extraire des images gravées où l’encre révèle toute la densité du motif.
Varier les médiums” nous dit-il, “c’est les sentir s’impliquer physiquement par leur présence et porter ainsi le corps du dessin qui s’anime”.

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