Le sujet, le modèle
Je travaille et mexprime à partir de modèles.
Mon dessin se souvient encore du premier modèle qui posa pour moi, et la confusion vécue dune telle rencontre. Scène quasi surréaliste! Très vite apprivoisé par le sujet, le plaisir me vint dans la surprise de saisir dans la variété des formes toute laudace de la nature. Je voyais tant de mines, tant de modèles qui voulaient bien se donner sur le papier, avec à chaque fois leur parcours de vie et dexpériences incarnées.
Tour à tour, ils pouvaient choisir des combinaisons de nouvelles formes, se composer dintentions diverses. Ils méchappaient de moins en moins et révélaient ce que mes mains et mes yeux voulaient bien transmettre.
"Dans cette étroite relation où le temps soublie, où lintuition guide mes membres et mes nerfs tendus à lextrême, je mintroduis dans une intimité et je reçois le don du modèle. Au cur même de ce moment dhumanité, je retrouve le visage où mes yeux se chargent démotions.
Pour Arnaud Franc, le papier se fait peau lisse et souple où viennent se coucher les interprétations que divulguent les sens. A chaque fois, ces traces révèlent un rendez-vous avec intime. Elles profitent du contact et de la résistance que le support offre au fusain, au pastel ou au crayon. Parfois, il arrive quun besoin couvrant émerge. Des tâches naissent alors, abandonnées en jus dencre de chine, de brou de noix, de gouache ou dacrylique. Lartiste aime aussi, du linoléum ou du bois, extraire des images gravées où lencre révèle toute la densité du motif.
Varier les médiums nous dit-il, cest les sentir simpliquer physiquement par leur présence et porter ainsi le corps du dessin qui sanime.